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La Mosquée bleue à Tauris en Perse - Jules Joseph
Augustin Laurens |
AUTEURS
MURIÈLE MÉLODY
Poète invitée du mois. Le bouquet des poèmes présent
au cours de la rencontre se découvre dans l’espace réservé
en bas de cette page.
Saïd Benjelloun
Laurent Doucet *
Lise Durand
Elias Lönnrot**
Didier Metenier
Jean-Louis Piat ***
Poète persan ****
Svante Svahnström
Thibaut Bois – ce poème, dont les notes indispensables
sont volumineuses, est placé in extenso en conclusion
des contributions de la séance
Présenté par :
Didier Metenier *
Thibaut Bois **
Jean Sibille ***
Murièle Modély ****
SAÏD BENJELLOUN
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THIBAUT BOIS
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LAURENT DOUCET
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LISE DURAND
L’Orient ne m’inspire pas.
Avec ses belles peaux jaunes
Et ses beaux yeux bridés
L’Orient ne m’inspire pas.
Bien sûr la baie d’Ha Long
Est magnifique
Et la grande muraille
Fantastique
Mais,
L’Orient ne m’inspire pas.
Kyoto et son pavillon d’or
Ne me font pas oublier
Le côté très policé
De tout ce monde japonais
L’Orient ne m’inspire pas.
L’Inde j’y suis jamais allée
L’Orient ne m’inspire pas.
Seul le détroit de Béring
Me fait rêver
Lui qui réunit en trois mots
L’Occident et l’Orient
Sous ses eaux…
Toulouse le 27 janvier 2026
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L'Occident
A conquis le monde
Et comme
Tout conquérant
Il porte
Les poids d'antan.
L'Orient
Nous a transmis
Le zéro
Confucius et Mao.
Qui a raison
Qui a tort
Dans ce monde
Qui se déchire
Comme s'il y avait
Rien d'autre
A dire.
Toulouse le 19 janvier 2026
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ELIAS LÖNNROT 1802-1884 Finlandais
Collecteur et adaptateur d’un ensemble de cinquante chants du folklore finnois,
intitulé Kalevala (« Terre nourricière des héros »).
Chant XII
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Siitä Ahti Lemminkäinen |
Or donc Ahti, fils de Lempi, |
Édition de 1953 en langue finnoise, traduction française de Gabriel Rebourcet
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DIDIER METENIER
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JEAN-LOUIS PIAT
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Poète persan
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SVANTE SVAHNSTRÖM
Dans mon assiette géographique
la Turquie est un bifteck montagneux
mariné dans une mer de raki
Voyez dans ses vallées
comme les arbres si rares
scintillent d'éparses hachures de persil
Les grains de sel disséminées
moulus comme des cités dévastées
témoignent de grandeurs ensevelies
En haute Cappadoce poussent
les champignons calcaires habités
qu’effrite sans trève
le ventilateur de la cuisinière
Voici Istanbul la puissante, la glorieuse
fortifiée d'une rondelle de piment
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THIBAUT BOIS
Les Prodiges
Le propos sera court, mais la morale profonde
Alors veillez bien jusqu'à la dernière seconde,
Afin qu'en votre âme s'imprime ce message
Vous laissant au final, je l'espère, un peu plus sage.
Je connais la petite vie d'un homme au grand destin
Natif qu'il fut du sous-continent indien.
Dont le génie fut tel, à ce jour, si unique
Qu'il révolutionna les mathématiques
Pour qu'autour de lui commencent à graviter
Les astres de ce domaine, à haute vélocité,
Et par l'appui de son ami(1), et de sa divinité(2)
Il quitta ses contrées pour l'Angleterre,
Avant que ne sonnent les débuts de la Grande Guerre
De laquelle le temple de l'intellect protégea
Le frère cadet de Râma(3) .
Il lutta malgré tout face à la rigueur occidentale,
Peu usité à la mystique orientale
Qui pourtant avait tant à lui apprendre.
Tout ce qu'on lui offrit, cent fois il sut le rendre
Qu'il instruira à l'avenir savants et physiocrates
D'une sagesse plus vieille encore que Socrate :
« Qui acceptera l'inconnu en son esprit
Connaîtra les dieux, l'univers, et l'infini. »
1. L'ami en question est le mathématicien britannique Godfrey Harold Hardy (1877-1947), ici le deuxième prodige dont il est fait mention dans cette fable. Il fit « la plus grande découverte de sa carrière en la personne de Ramanujan », comme il le dira lui-même, après avoir reçu une lettre de sa main contenant plusieurs échantillons de ses découvertes sur plusieurs champs d'études des mathématiques (trigonométrie, calcul infinitésimal, séries, intégrales...) et saisi de fascination, il se résolut de le faire venir en Angleterre à Cambridge. Il y parviendra en Avril 1914 et lui permettra d'y résider pour un séjour de deux années.
2. Issu d'une lignée de brahmanes orthodoxes enracinée dans la région du Tamil Nadu dans le sud de l'Inde, Ramanujan comme sa famille vénéraient la déesse Namagiri. Laquelle, dit-on, dictaient régulièrement des formules à son protégé, d'où il tirerait son étonnante aptitude au calcul mental, et serait même apparue en vision à sa propre mère afin de lui ordonner de le laisser quitter l'Inde pour l'Angleterre, là où les serments traditionnels brahmanes interdisent aux fidèles de quitter leur territoire.
3. « Le frère cadet de Râma », traduction littérale de « Ramanujan » premier prodige dont il est fait mention dans cette fable, Srinivisa Ramanujan Iyer (1887-1920), génie précoce et autodidacte des mathématiques dont la vie fut immortalisée par plusieurs biographes indiens, mais également par l'universitaire américain Robert Kanigel dont l'ouvrage biographique s'intitule L'homme qui défiait l'infini, et adapté au cinéma sous le même nom avec Dev Patel dans le rôle principal.
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MURIÈLE MÉLODY – POÈTE INVITÉE DU MOIS
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