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La palette, 2021 Anne-Marie Torrisi |
AUTEURS
Nanou Aurol
Franc Bardòu
Thibaut Bois
Saïd Benjelloun
Joan Bodon *
Karin Boye ****
Claudine Candat
E.C.Cummings **
Lise Durand
Marina Mariotti
Didier Méténier
Catherine de Monpezat
Michel Parrat **
Arthur Rimbaud **
Philippe Sahuc
Léoplod Sedar Senghor ***
Nicole Sibille
Svante Svahnström
Présenté par :
Jean Sibille *
Didier Metenier **
Évelyne Bruniquel ***
Svante Svahnström ****
NANOU AURIOL
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FRANC BARDOU
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Psalme de l’inquisitor
Abena-te lai, dins lo ser d’unas campanas enartadas, en montar las sèrras, al luènh, lo temps de fondre dins la nuèit de las memòrias fendascladas.
De monins sabents ja pretendon, crincats sur catedras vanas, que nòstras memòrias son falsas, legendàrias e mentidoiras coma lors bocas verinosas d’avogats del diable et del mond. Non nos esfaçaràn de l’alba !
Lo cèl s’escartaira d’azur abans que, coga de pavon, lo calabrun nevenc d’asuèlh s’alambre en fèrras cascatèlas jos las mila colors del fòc. Savi va, lo que l’apastura e’l monda en un meteis obratge !
Es alai, genta frenesia, que te caldrà donar la Patz als que, fa temps, tu, rostiguères, in nomine Pater, et Filii et Spiritu Sancti.
Manjaràs la cendre dels mòrts que semenères sul camin, quand ta sang se cristallizava d’ortogonala ortodoxia, del temps que tos enfants ploravan lors pèiras negras d’eresia.
Dins l’abís de tas piadas sornas, mira un moment, e mai respira l’aire del mond desesperat que cracineja jos ton ira, santa ironia de felon.
Fisançós, marcharàs amb eles dins las flamas dels brutladors qu’alestiguères en camin.
Sauràs, per la Santa Ordalia de ton diable rasonassièr, s’el entend ara tas maganhas e se perdona tas errors.
Car non sap perdonar, lo Diable. Acara-te a tas errors coma o deguèt far ta victima.
Qui, aicí bais, non se forvia ? Quiromancia de dolor : Montsegur compta las petalas dins la man fonsa de son nom car t’aganta, en son agonia, la garganta de sas doxias…
Franc Bardòu Tirat de « Lo Rosari de Tèrrafòrt » òbra inedita
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Psaume de l’inquisiteur
Epuise-toi, là, dans le soir d’une haute volée de cloches, en montant sur les monts, au loin, le temps de fondre dans la nuit de nos mémoires pourfendues.
Des singes savants nous prétendent, dressés sur de très vaines chaires, que nos mémoires seraient fausses, légendaires ou mensongères comme leurs gueules venimeuses d’avocats du diable et du monde. Mais droits resterons-nous dans l’aube !
Le ciel s’écartèle d’azur avant que dans sa queue de paon, le soir enneigé d’horizon flamboie en sauvages cascades sous les mille couleurs du feu. Sage est celui que l’alimente avec le monde en un seul acte !
C’est là-bas, noble frénésie, qu’il te faudra donner la Paix à ceux que jadis tu brûlas, in nomine Pater, et Filii et Spiritu Sancti.
Tu mangeras des morts la cendre que tu éparpillas au chemin, quand ton sang se cristallisait d’orthogonale orthodoxie, tandis que tes enfants pleuraient leurs pierres noires d’hérésie.
Au gouffre de tes pas sordides, regarde un instant, et respire l’air du monde désespéré se calcinant sous ta colère, ta sainte ironie de félon.
Avec eux tu iras, confiant, dans les flammes de ces bûchers que tu dressas sur ton chemin.
Tu sauras, par Sainte Ordalie, si ton diable hâbleur et futile, comprend alors tous tes malheurs et se pardonne tes erreurs.
Le Diable ne pardonne rien. Fais face à tes propres erreurs comme tes victimes le firent.
Qui, ici-bas, point ne se trompe ? Chiromancie de la douleur : Montségur compte les pétales aux mains profondes de son nom car son agonie t’a saisi, à la gorge de ses doctrines…
Franc Bardou Extrait de « Le Rosaire de Terrefort » Œuvre inédite
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SAÏD BENJELLOUN
/ Du gris au bleu
Bien loin la cathédrale
Fine et grise
Et l'altière
Sa muse
Du Sans Soucis
Triste le bonheur
Né de l'arôme
Du lointain
Mais toujours bleu
Le rêve
Dont tu fus
Le parfum
Extrait de Double Voix, Ed. Réciproques, 2006
2/ Bleu, rose et noir
Du bleu
Je ne crains plus
L'ombre
Qui se glisse
Sous ma porte
Avant
Chaque retour
Du rose
Je ne crois plus
Au charme
Qui pare
La fée
D'ailes
De rancoeur
Du noir
Je guette plus
L'élégant mystère
Frêle
Mirage
De contrées perdues
Extrait de Là-bas, Ed. Réciproques, 2009
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THIBAUT BOIS
Les Deux Loups
Outre les distances océanes, l'on raconte qu'un ancien
Connaissait toutes choses, et du mal et du bien
Se faisant devoir d'offrir aux oreilles de la jeunesse
Les récits de son temps, porteurs de la sagesse.
C'est entouré par les siens, illustrés par les flammes
Qu'il nous instruit quant à la couleur de nos âmes :
Celles-ci lui apparurent comme deux loups distincts,
Bien qu'ils semblèrent semblables en tous points.
Cependant que le premier, hargneux qu'il fut,
Montrait les dents et grognait sur le premier venu
Sans jamais que son esprit ne connût la tempérance.
Le second, au contraire, plus usé à cette science,
Conservait la pureté de son éclat, et réservait
La primeur de sa rage à qui le méritait.
Entre ces deux partis, il appartient de choisir
Quel nuance de notre cœur nous voulons nourrir.
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JOAN BODON (1920-1975)
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L’ÈRBA D’AGRAM
L’èrba d’agram, ieu l’ai culhida Sus la cròsa del paure mòrt. Marrida grana, l’ai brandida Als quatre caires del meu òrt. E lo grand vent de la misèria L’escampilha sus la mià terra. Al vòstre sègle de l’aram, Que venga patz, que venga guerra, Semeni, ieu, l’èrba d’agram…
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LE CHIENDENT
Le chiendent, moi je l’ai cueilli Sur la fosse du pauvre mort. Mauvaise graine, je l’ai brandie Aux quatre horizons de mon champ. Et le grand vent de la misère L’éparpille sur ma terre. Et dans votre siècle d’airain, Vienne la paix, vienne la guerre, Moi, je sème le chiendent.
Traduction de Jean SIBILLE Jean Boudou
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KARIN BOYE
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CLAUDINE CANDAT
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À MON PÈRE, LE PEINTRE
Certains se lèvent tôt pour aller au bureau, À l’usine, à l’école ou bien sur un chantier. Toi qui n’as jamais sué à l’ombre d’un métier Tu te lèves pourtant à l’heure du travail Car le premier rayon est l’aube d’un tableau Qui ne te laissera jamais plus en repos. Tu affûtes tes pinceaux sur les pierres des songes, Tes univers s’enroulent aux crinières des rêves, Mais que c’est dur parfois d’être trop à l’avance Ou d’être demeuré au plus pur de l’enfance ! On ne peut plus dormir sans inventer sans cesse Des arbres qui jaillissent où jaillissaient des sources Et des sources roulant des soleils qui se blessent Aux lourds galets du vent transpercés de lumière.
Et dans les puits profonds où stagnent les mystères, Noir sabbat de sorcières qui s’habillent de nuit Et mènent à l’abreuvoir des troupeaux de comètes, Tu puises des couleurs qui te brûlent ou te glacent. Ah ! Qu’il est difficile de démêler les nuances De fruits qui n’ont jamais incendié nos vergers Ou d’ourler une écume à la robe de plages Où même les galères n’osent pas jeter l’ancre.
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À ceux qui te croient fou et ne voient pas plus loin Que les petits oiseaux et les petites fleurs, Qui ne font qu’imiter les maîtres d’outre siècle Mais les auraient maudits s’ils les avaient connus, Je dirais à ceux-là que plus fous que les fous Tu rejoins d’un coup d’aile les plus sages des sages Qui balaient la poussière et ouvrent le passage À l’invisible pur que dénude la vue. Tu es assez à l’avance pour savoir qu’ils ont tort, Que les rêves d’enfant sont toujours les plus forts. Et quand tu dormiras dans le creux de la terre, Les yeux pourtant ouverts sur tous les arcs-en-ciel, Tes tableaux partiront conquérir les planètes Sur des voiles trempés dans le sang d’un soleil.
Mon opium est dans mon cœur, éditions Il est Midi, 2024
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1946
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1946, depuis un an la France après un séjour prolongé À Berlin pour cause de captivité. Il t’arrive de penser à la Prusse, Aux lacs gelés, aux camarades russes. Enfin ! Après avoir trimé cinq ans gratis Sur un terrain d’aviation pour le compte des nazis. Tu as retrouvé ton poste, un travail Pour lequel on te paye. Le soir, tu t’extirpes du bleu de chauffe pour t’habiller comme un prince Sauf les fois où tu revêts le tablier durci par les taches de peinture Pour prendre des cours aux Beaux-Arts, Armé de tes outils préférés, Le ciseau pour le bois, Le pinceau pour la toile. Pourtant tu sais déjà Qu’en sculpture tu possèdes un don Exempt d’apprentissage : Ton esprit commande, ta main lui obéit.
1946, le dimanche il t’arrive de prendre ton vélo Pour peindre dans la nature. Ici, ce qu’on appelle forêt Ne serait là-bas que sous-bois Et les bastides d’argile en rase-motte Arrivent à peine au premier étage des fermes prussiennes. Là-bas, tu te rappelais avec nostalgie La rondeur de la tuile romaine Cuite au soleil du Midi. Tu es ému de retrouver ces villages pimpants Traversés d’un ruisseau qu’enjambe un petit pont, Ces chemins poudreux perdus dans la verdure Qui conduisent aux vergers, ces jardins Qui baignent des maisons diverses exhalant Un charme personnel.
1946, tu es saisi d’admiration Face à tant de beauté sans façon, Planté devant ton chevalet, La main collée à la palette, Mais, te sachant sculpteur, Tu décides d’allier la forme à la couleur, De faire jaillir des veines du bois l’ébauche d’un village Et de le colorer aux saveurs de l’enfance. Que l’eau soit bleue, que l’écume soit blanche, Que l’herbe soit vert-tendre, Verte la feuille du pommier Et d’un vert plus profond la silhouette du cyprès, Rouge le toit qui abrite la maison, Finement ciselé l’escalier qui grimpe à travers le coteau.
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1946, seul au milieu de la campagne, Tu imagines ce qui peut sortir D’un simple bout de bois Et qui verra le jour sous la gouge Dans le logis sommaire Que tu partages près du chemin de fer avec ta mère. Tu ignores encore la jeune fille aux cheveux noirs qui vient à ta rencontre, L’enfant en devenir, le regard clair captivé par cette féérie Où les râteaux, rangés dans l’appentis, Ne sont pas partis escalader les toits Pour capter la télévision, Où les chemins ocrés sont vierges de bitume Et de circulation. Pas de piéton pour te distraire de ta solitude.
L’enfant, qui n’est pas encore née, Ne mettra pas ses doigts dans la peinture, Les mots seront son arme Et sculpteront ses mondes. C’est en vers que coulent ses larmes. Elle t’aperçoit de loin depuis le perron enchanté Qui abolit la mort et la fuite du temps. Sur ses lèvres un sourire esquisse La formule magique : 1946.
Tous droits réservés ©Claudine Candat / Tiroirs amers
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Si je survis à l’hécatombe
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Poète ? Je ne sais si je suis encore Ce que je fus Si je survis à l’hécatombe En emportant de doux débris Éclaboussures d’écarlate Et mille brisures d’azur, Strophes bancales et vers luisants Pour vous guider en mes obscures catacombes
Dans cette guerre que je livre À l’armée des espoirs déçus Il faudrait, si j’étais poète, Que je me tresse des couronnes De sang et de sueur Où s’enchevêtreraient des ronces Entre deux feuilles entre deux fleurs
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Mais ce combat je l’ai perdu d’avance La fièvre, plus haute que le mal, Monte en neige des illusions Qui abolissent l’espérance D’une impossible guérison
Peut-être que je ne fus pas Ce qu’aujourd’hui je ne suis plus Poète qui ne vaut pas un clou
Sur mes joues le rose s’est tu Comme au jardin s’en est allée L’entêtante odeur de la rose Qui persiste à rougir l’allée Où sinue un triste gravier.
Tous droits réservés ©Claudine Candat / Tiroirs amersClaudine Candat
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e.c.cummings
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LISE DURAND
A, e, i, o, u, mais
Je suis pas Rimbaud
Coco.
Je préfère
La couleur du ciel
Et l'arc-en-ciel.
A, e, i, o, u, mais
Je suis pas Rimbaud
Coco.
Je préfère le noir
Et le blanc
Qui ont bercé
Mon cœur d'enfant.
A, e, i, o, u, mais
Je suis pas Rimbaud
Coco.
Je préfère
Vivre ma vie
En me moquant
Des couleurs de peau.
A, e, i, o, u...
Lise Durand
Toulouse le 14 avril 2026
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Dans mon enfance
Il y avait
Des dragons rouges
Et des fées jaunes.
Dans ma vie
Il y a eu
Des soleils bleus
De verts amoureux
Du vin blanc doux.
Et aujourd’hui
Il y a du noir
Du violet et
Le gris du temps.
Mais j’écris encore
Les couleurs du vent
Comme si
Orange dans ma tête
Rose dans mon cœur
J’avais vingt ans.
Lise Durand
Toulouse le 12 mai 2026
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MARINA MARIOTTI
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DIDIER METENIER
Tharaux
plein ciel...
passe
r
elle
nat
r
elle
vers (le)
la
bel(le)
bleu(e)
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CATHERINE DE MONPEZAT
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MICHEL PARRAT
Offrir des fleurs d'acanthe équivaut à connaître
La valeur artistique d'une personne aimée
En langage floral son message exprimé
Estime le désir pouvant ainsi paraître...
Acanthe , La dévoilée , éd. Les plumes d'Ocris (2017)
Michel Parra
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ARTHUR RIMBAUD
Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu: voyelles
Je dirai quelque jour vos naissances latentes:
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombrelles;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges:
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux!
Poésies, Arthur Rimbaud
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PHILIPPE SAHUC
Gris fait sa place forte,
aux saints de glace toute nuance,
jusqu'à griserie ?
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LÉOPOLD SEDAR SENGHOR
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NICOLE SIBILLE
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Lo Fòròm de las lengas del mond, un arcane de pòples.
F coma una festa blua sus una nívol violeta, Ò, cercles concentrics fan la ronda dins un solelh iranje dardalhant de ròse, R, verda e risolièra malgrat l’agaci qu’arriva, Un autre Ò, per dire òc de segur, fach de cercles roges qu’una eliça verda fa virar, Una bèla M puslèu escura, lo mond tan plan, tabelada de sang, s’espandìs sus una prada verda esclairada d’estelas, Aquí lo Fòròm, arcane de lengas rojas e plenas de vida que dançan amb de letras negras per escriure lo bonur d’escambiar.
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Le Forom des langues du monde, un arc-en-ciel de peuples.
F comme une fête bleue sur un nuage violine, O, des cercles concentriques font la ronde dans un soleil orangé rayonnant de rose, R, verte et souriante malgré l’averse qui arrive, Un autre O, pour dire Oui bien sûr, fait de cercles rouges qu’une hélice verte fait tourner, Un beau M plutôt sombre, le monde sans doute, tâché de sang, s’épanouit sur une prairie verte éclairée d’étoiles, Voilà
le Foròm, arc en ciel de langues rouges et pleines de vie qui dansent
avec des lettres noires pour écrire le bonheur de se parler. Nicole SIBILLE devant l’affiche du Forom des Langues 2026
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SVANTE SVAHNSTRÖM
Rayon vert
Il faut parler du coucher
Avant le mien celui du soleil
Son oreiller liquide est large et bleuissant
Ce soir son chevet se montre serein
Pas de remous sous son menton
La face tiédit
et son haleine déteint fruitée
sur le papier peint derrière le lit
qui mue de banane en abricot framboise cerise puis myrtille
Il se détache
laisse en suspend ses crins altocumulus
débranche la veilleuse
Quand s’affale sa paupière
il me jette en clin d’œil ultime
un éclair figue verte
Son célèbre rayon m’a enfin visé
J’attends quelques heures
pour éteindre ma propre veilleuse
Matinal plus que moi
le soleil a réglé son radio-réveil sur la fréquence Aurore