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BANALITÉ
Hannah Arendt **
Bénédicta Bonnet ***
Claudine Candat
Cécile Chadeuil ***
Maurice Couquiaud *****
e e cummings *
Lise Durand
Romain Lasserre *****
Marina Mariotti
Harry Martinson *****
Didier Metenier
Murièle Modély ****
Moon Chung Hee ****
Alan Pelhon ***
Matthias Vincenot *****
Svante Svahnström
Présenté par
Didier Metenier *
Saïd Benjelloun **
Nicole & Jean Sibille ***
Hélène Svahnström ****
Svante Svahnström *****
HANNAH ARENDT
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BÉNÉDICTA BONNET (1964 - )
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Chantarai |
Je chanterai
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CLAUDINE CANDAT
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CÉCILE CHADEUIL (1980-)
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Ai res a dire |
Ai res a dire Je n’ai rien à dire |
FLORILÈGE POÉTIQUE DES LANGUES DE France
Éditions Le Bord de L’eau
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MAURICE COUQUIAUD 1930-2023
L’ARMOIRE
Chaque jour a son parfum de nébuleuse !
Je cache un peu d’amour sous le linge
empilé par tes soins dans notre armoire
entre les draps brodés de minutes soyeuses.
En les dépliant sur notre lit, sans le savoir
Tu sèmes tous nos silences comme du grain
… emplissant la chambre et ses miroirs
de mon désir aux noeuds de chanvre
de ma tendresse au toucher de lin.
in Anthologie poétique 1972-2012 L’Harmattan, 2014
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E.E. CUMMINGS
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insu nli ght |
auso lei l |
............
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al(a |
al(une |
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LISE DURAND
Banalité
Animalité ?
Non mais !
Acrostiche
Liberté ?
Il doute
Tiens donc !
Et...
Toulouse le 24 décembre 2025
……
Banalité
Viens dans ma tête
Apaiser
Mes rêves d'enfant
Qui voulait que le ciel
Soit blanc.
Des mots, des gestes
Sans importance
Sans les soleils
De mon enfance
Banalité
Tu m'indiffères
Depuis longtemps
Banalité
J’ai plus vingt ans.
Banalité
Méchante mère
Va-t’en.
Toulouse le 23 décembre 2025
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ROMAIN LASSERRE
VODKA
Ma fille n’aime pas le baiser que je glisse
sous sa frange en rentrant de mes nuits d’allégresse
parce qu’il a l’odeur de ton haleine épaisse,
l’odeur de tes vapeurs et de tes orifices.
Mon fils est enfermé, protégé par sa sœur.
Ma femme dort encore, à l’autre bout du lit.
Je m’ennuie avec elle. Avec toi je revis :
je frissonne et j’exulte au grès de tes rondeurs.
Je vais bientôt promettre à ma femme et ma fille
de ne plus te revoir. Tout le monde ira mieux.
Je mettrai de l’ambiance aux repas de famille.
En riant aux éclats, je fermerai les yeux.
Je penserai à toi, mon seul amour, ma faille.
J’attendrai en secret l’heure des retrouvailles.
in Solitudes, N&B 2023
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MARINA MARIOTTI
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HARRY MARTINSON Suède traduction Svante Svahnström
LE VER DE TERRE (DAGGMASKEN)
Qui vénère le ver de terre,
ce cultivateur sous l’herbe dans la profondeur de l’humus.
Il laboure la conversion de la terre.
Il travaille saturé d’humus,
muet d’humus et aveugle.
Il est le paysan d’en bas, celui du dessous
où les champs sont habillés pour la moisson.
Qui le vénère,
Le cultivateur tranquille, profond
L’éternel petit paysan gris de l’humus
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DIDIER METENIER
quand Badi
nages
et Bali
vernes
perte de temps
menus propos
se font écho
menus propos
reflets sans fond
de mille con
sidérations
en quête d'ainsi
narrations:
sortes de bis répétitions
emplies de
tergi
versations
vers ce final
tergi
verset
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MURIÈLE MODÉLY
REPRISE DU TRAVAIL (APRÈS LONGUE MALADIE)
J’ai repris le travail le deux janvier
toute la journée, je n’ai pas arrêté
bonne année par-ci, bonne année par-là
bonne année machin, bonne année machine
vers dix-sept heures, ma bouche n’en pouvait plus
de tricoter des amas de salive aux commissures
de temps en temps, je courais au toilettes vérifier
si cette impression d’être une bête
de somme
était un tour de mon imagination
toute la journée j’avais henni
retroussé les babines
montré des dents
« c’était un jour nouveau »
je ne me faisais aucun illusion
je savais que cette année encore
je ne mordrais pas
in User le bleu, Aux Caillous des Chemins, 2020
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MOON CHUNG-HEE Corée
EN FAISANT LA VAISSELLE
Je lave cette vaisselle mille fois
De cette façon
si jamais
elle devenait porcelaine blanche
je la laverais dix mille fois
Mais
la vaisselle qui reste vaisselle même si je la lave mille fois
En faisant la vaisselle pour laver simplement la vie
quotidienne
je fais bouillir mon sang jaune
Plus tard quelle tombe épaisse
pourrait étouffer cette flamme ?
in Celle qui mangeait du riz froid, Éd Bruno doucet, 2012
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ALAN PELHON (1946-1994)
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La poësia non si trova dins un libre cobert de mofa |
La poésie ne se trouve pas dans un livre couvert de moisissures |
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MATTHIAS VINCENOT
LE PUBLIC DE JOHNNY HALLYDAY
Le public de Johnny
C’est le voisin d’en bas
Patron du café
Celui ce Paribas
Le collègue Tony
Militant d’ONG
Le public de Johnny
Il va chez IKEA
Ou bien au Bon Marché
Quand il veut s’habiller
C’est pour du sur-mesure
Ou les puces à coté
Le public de Jophnny
Pardonne à ses excès
Se reconnaît en lui
Malgré ses jets privés
Et sur les magazines
Il semble familier
Le public de Johnny
Quand il sort déjeuner
Souvent, presque jamais
C’est Hippopotamus
Ou un Château Pétrus
Dans un Château-Relais
Le public de Johnny
Aime sa démesure
Qu’il ne se permet pas
Le cran de la ceinture
Qu’il décale parfois
Sans trop fendre l’armure
Le public de Johnny
Quand il part en vacances
Camping à Grau du roi
Ou surf à Marbella
Il danse dans la nuit
Pas dans la même ambiance
Le public de Johnny
Comédien, militaire
Secrétaire, normalien
Voyageur, sédentaire
RSA, ISF
SDF, avocat
Dans ses contradictions
Ses soucis en silence
Ses vœux de solutions
Pour le monde et pour lui
Le public de Johnny
Il ressemble à la France
in Les choses qui changent, Éditions Mines de Rien, 2013
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SVANTE SVAHNSTRÖM
Je châtre mon concombre
Je tranche les tomates jusqu’au sang
J’écorche mon oignon
et j’arrache les oreilles de ma tête de laitue
Je les jette dans un nuage de poivre
et j’asperge de vinaigre les plaies
de sel la chair nue
D’huile je badigeonne enfin les douleurs
Une tranquille soirée végétarienne
in Languier, Librairie Galerie Racine, 2003
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QUOTIDIEN LATÉRAL
Le soleil est encore bas ce matin numérique
assaille les yeux
après ses rebonds sur la vitre du virtuel
Tous ces dos en cuir et en papier
sont les briques d’un rempart
qui épaissit les parois de ton alvéole
t’emmaillotent et t’invitent à créer
Tu prends ce livre aux pages rutilantes
qui exhibe sur des plateaux lisses
des motifs répétitifs par dizaines
Si tu dévisages en tirant tes orbites
et plonges où ça pullule
ce fouillis d’éléments
les mêmes les mêmes les mêmes
du désordre glacé tu verras émerger
un monde qui attend muet sans mouvement ta visite
L’œil est devenu magique
Tu prends pied dans le pays où le plat se creuse
en ouest en nord et en nadir
points cardinaux en dimension triplée
À l’heure du « Ça suffit » tu fermes le livre et sors
des profondeurs des pages glissantes
reviens à la surface à double dimension
Et là tu vois qu’étourdis sombres
juchés sur le séchoir à linge
se reposent des cormorans centrifugés
à côté de chauves-souris également essorées
Une fois secs
repliées les ailes aux gaines flexibles
les noirs damart et les gris dim attendent dans le tiroir
l’instant où tu en sélectionnes
pour entourer ton entrejambe
De la fenêtre du deuxième étage
s’observe la nature en ciment
Solides termitières aux façades infestées de lucioles
Après sa mutation
se promène sur pneus un scolopendre
l’intestin saturé de piétons
Et les cloportes et les crache-sang
coléoptères derrière crustacées devant
paradent sur des parcours d’asphalte
La nature est minérale et le vivant trottine
Sous la soudaine averse tu descends
en quête de fibres à consommer
Tu te faufiles entre bipèdes au crâne sec
abritant leurs pas sous des dômes
en baleines et en pétales
Vite vers le trivial tu fais revenir ta vision
Un coup d’oeil indifférent sur
les livres habillant tes parois ton ordinateur sans reflets
tes sous-vêtements en train de sécher
l’immeuble en face la rue des bus et des voitures
la pluie les personnes presque sèches
sous la pénombre des parapluies
in Texture n° 5, 2024
« L’œil magique » chez Éditions JA&T est une série de livres d’images tridimensionnelles.